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American bluff

À propos d’American bluff, on a devisé beaucoup sur les attentats capillaires de ces messieurs (du grand n’importe quoi à base de laque et de mèches rabattues pour Christian Bale, des frisettes et des bigoudis pour Bradley Cooper et une choucroute "à la Elvis" pour Jeremy Renner) et sur les décolletés abyssaux d’Amy Adams en mode poule de luxe. À croire que ce machin ne se résumerait donc qu’à ça, des coupes de cheveux et des décolletés, et ce serait finalement lui faire trop d’honneur que de se rappeler même de ça tant ce machin ne mérite rien d’autre que l’oubli et la curée. Et si t’es vraiment fan de peignes, de bacs à shampoing et de décolletés vertigineux, fais garçon coiffeur à la rigueur.

David O. Russell, revenu dans les bonnes grâces vénales des producteurs hollywoodiens depuis Fighter et son infâme Happiness therapy, se prend désormais pour un nabab, un cador du septième art qui aurait tout compris de Scorsese (à qui on pense ici, beaucoup). Je ne sais pas si ce mec a une coupe de cheveux de naze et/ou aime porter des chemises ouvertes jusqu’au nombril, mais faut juste qu’il arrête de faire du cinéma. Il pourrait faire garçon coiffeur, à la rigueur… Russell filme comme Paul Thomas Anderson à l’époque de Boogie nights et de Magnolia, soit avec quinze ans de retard et en croyant que c’est encore branché (sauf qu’Anderson est clairement passé à autre chose, genre la cour des grands, depuis There will be blood).

Davantage concentré, semble-t-il, sur les tignasses old school de ses acteurs et les suggestions mammaires d’Adams, Russell oublie de rendre intéressant son scénario d’escroquerie tarabiscotée dont on finit par ne plus comprendre grand-chose, et de proposer aussi une mise en scène qui ne cherche pas seulement à créer un rythme trompeur en abusant de pâles convulsions esthétiques. Il ne suffit pas de balancer du travelling avant toutes les deux minutes, de la voix off toutes les deux minutes et des accords seventies toutes les deux minutes pour croire qu’on va s’extasier toutes les deux minutes. Nan, c’est plus subtil que ça, le cinéma. C’est plus subtil qu’un cancan de garçon coiffeur (à la rigueur).
 

David O. Russell sur SEUIL CRITIQUE(S) : Fighter, Happiness therapy.

American bluff
Tag(s) : #Films

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