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La peau de Bax

Qui veut la peau de Ramon Bax ? Et puis c’est qui d’abord, Ramon Bax, c’est qui ce type, d’où il sort ? Un vague écrivain toxico alcoolo vivotant dans une sorte de mobile home amélioré au cœur de marécages labyrinthiques, et dont la journée va s’avérer particulièrement pénible, vraiment pénible, et puis très longue, et très loin aussi de ce qu’il pouvait même imaginer. Donc il y a Bax d’un côté, et il y a Schneider de l’autre, père de famille attentionné et tranquille avec jolie maison, jolie femme et adorables petites filles. Sauf que Schneider est un tueur à gages et qu’il a ordre impératif d’éliminer Bax aujourd’hui. Lui aussi ne pensait pas que la journée allait être pénible, vraiment pénible, et puis très longue.

Alex van Warmerdam, toujours à l’aise pour capter les vibrations d’un étrange et d’un absurde au quotidien, a concocté une espèce de jeu de massacre savoureux que n’arriveraient même pas à renier les frères Coen tant La peau de Bax rappelle quelques-uns de leurs meilleurs films (Blood simple, Fargo…). Il y a du boulevard et du vaudeville dans La peau de Bax (les portes claquent, les quiproquos s’enchaînent, les situations se complexifient, les personnages entrent en scène, ressortent, réapparaissent, disparaissent), et puis un peu de western aussi dans cette lutte acharnée que mènent deux tueurs à gages coriaces au milieu d’un décor quasi désert rappelant les étendues sauvages d’un Ouest symbolique.

Par accumulations, par ricochets, par conséquences, le scénario s’emballe tout en conservant une parfaite unité de lieu, d’action et de temps. Baigné d’une lumière clinique et blanche, quasi irréelle, le film fait la part belle à une galerie de personnages cocasses (ex récalcitrante, fille dépressive, père prédateur sexuel…), un brin accessoire pour certains, servant à une impitoyable mécanique du pire enclenchée au milieu des roseaux. Plein d’un humour noir véloce, parfois maladroit et répétitif, et sans avoir la complexité thématique de Borgman, La peau de Bax, petite récréation sans prétentions, devise l’air de rien sur l’instabilité des rapports humains, tout en tension et en conflits, incessants.
 

Alex van Warmerdam sur SEUIL CRITIQUE(S) : Borgman.

La peau de Bax
Tag(s) : #Films

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