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Bang gang

C’est comme s’il existait quelque part un parfait manuel du parfait Larry Clark et qu’Eva Husson soit tombée dessus et décide de faire son Kids ou son Ken Park ou son The Smell of us à elle et qu’elle appellerait ça Bang gang et qu’il y aurait dedans, comme chez Clark donc, des jeunes à poil et beaux et belles qui fricotent, qui baisent, qui boivent, qui sniffent, qui fument, qui profitent, qui courent nus sur une route dans la nuit rouge et qui font comme les grandes personnes parce que merde, pourquoi l’adolescence devrait se cantonner à crapoter en cachette des Marlboro light et à se rouler gentiment des pelles sur du Rihanna ?

Husson elle montre ça, des ados d’aujourd’hui, des ados énervants, des ados qui se la pètent, le portable toujours à la main, carrément vissé le portable, tout en effusions hormonales qui bouillonnent, qui se lâchent dans des pogos électroniques pour se défouler et pour oublier, et qui croient que la vie c’est trop simple (le Sida c’est pour les populations à risque tu vois, les MST ça se soigne avec une pilule mon gars…), pas au courant de ce qui les entoure et parce qu’ils s’en foutent, et parce qu’on s’ennuie un peu, et parce que son ex en baise une autre là-haut, et parce qu’on veut jouer les bravaches, alors ça glisse et ça s’ébranle vers le tous ensemble, imbriqués, enlacés, moi dedans toi dehors nous partout.

Elle montre aussi les limites (syphilis, blennorragie, opprobre 2.0 via les réseaux sociaux…) d’un idéal libertaire qui passerait par une émancipation sexuelle parfum mai 68 ou mouvement hippie, et le film ne cherche pas à être moralisateur, mais suggère que toute volonté d’affranchissement à un "prix" dans une société actuelle incapable d’accepter et de se réinventer, sinon de normer (Gabriel et George qui finissent ensemble en petit couple peinard) et de réprimer, et le film n’est jamais vraiment choquant non plus (qui peut encore s’offusquer aujourd’hui d’une paire de seins ou d’un pénis à l’air, sinon quelques administrateurs de Facebook ?), jamais vraiment bien troussé (chaque personnage paraît trop simplement défini par son statut, et même par son physique), encore moins subversif finalement dans ce qu’il raconte, reclus entre didactisme et fatalisme.

Bang gang
Tag(s) : #Films

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