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Bellflower

Arghhh, quelle déception ! Ah, la douche froide ! Projet 300% indé, top hype et phénomène dingo alléchant précédé d’un buzz hyper favorable de l’autre côté du Gulf Stream (la presse américaine s’en est pâmée de plaisir), Bellflower a tout du vrai (faux) cool project qui fait pourtant vite débander (dix minutes à peine, et on sent la lose pointer ses naseaux). Ça ne décolle pas pendant plus d’une heure, les dialogues sont nazes, inconsistants au possible, et on s’ennuie ferme en comptant le nombre de filtres colorés et/ou floutés pour passer le temps (beaucoup trop long, le temps).

La bluette gentillette mignonnette cacahuète entre Milly et Woodrow est creuse, jamais incandescente, jamais poignante. Du coup, l’après-séparation et l’impasse sentimentale, pourtant les sujets principaux de la chose, passent carrément au-dessus de nos têtes. En clair, on s’en fout pas mal de leurs petits états d’âme dignes d’une mauvaise telenovela. Cual daño, amigo, parce que la dernière demi-heure ravive enfin l’intérêt qu’on avait si rapidement envoyé rouler-bouler. Les séquences, les temporalités, les pensées, se télescopent et s’entrecroisent alors, formant un patchwork électrique plutôt intrigant.

Le désordre mental de Woodrow, n’arrivant pas à se remettre du départ de Milly et d’un récent accident de moto, construit alors un autre film qui évoque Mulholland Drive, décidément incontournable : même sujet (la rupture amoureuse mal vécue), même flashs syncopés, même narration éclatée, même état altéré du héros et scènes qui virent au very bad trip. L’apocalypse, le lance-flammes et la muscle car Medusa ne sont que des prétextes (relégués dans le dernier tiers), des métaphores barrées : Bellflower, c’est d’abord de la glande, des bisous et de la romance pré-post-clash à deux balles (la bande-annonce est une fois de plus assez trompeuse).

Esthétiquement réussi, très grindhouse et cultivant un côté artisanal qui a de la cuisse, Bellflower affiche fièrement un look arty et cheap qui rappelle quelques œuvres du même acabit, genre Mad Max, revendiqué haut et fort par Evan Glodell, Easy rider ou le nullissime (y a-t-il d’autres mots ?) Boulevard de la mort. Vraiment dommage que le scénario manque de panache. Vriament dommage pour ce joyeux bordel au montage chiadé. Vraiment dommage aussi pour ces êtres paumés et attachants… Trop de dommages finalement pour un film qui ne fait, et ne sait, que se crasher en beauté.

Bellflower
Tag(s) : #Films

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