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Brüno

Sacha Baron Cohen a troqué la grosse chaîne en or qui brille (Ali G) contre la moustache brune et broussailleuse (Borat), puis cette même moustache contre la mèche blonde et décolorée (Brüno). Chéri, pendant que tu y es, tu oublies aussi le costume gris pas glop (même pas du Marc Jacobs en plus), et gründlich la résille, le velcro et le vinyle. Voici donc Brüno, homosexuel autrichien et fils caché de Zaza Napoli, bien décidé, après Borat, à aller foutre le bordel en Amérique (et au Moyen-Orient). Entre Michael Moore et ces dingos de Jackass, il confronte une fois de plus l’américain (vraiment) en dessous de la moyenne non plus à la figure de l’étranger, mais à celle du gay, de la follasse king size branchée rondelle et godemiché d’appartement. Pour faire simple, c’est la tapiole cuir et nigaude versus le dégénéré ignare et rétrograde.

C’est forcément énorme, grotesque, ridicule, jamais censuré, politiquement incorrect, caricatural à mort, désespérément affligeant, et qu’importe le pourcentage de vrai ou de faux, de fiction ou de documentaire, Brüno pointe du doigt (dans le cul, très certainement) l’archaïsme culturel, social et religieux de tous bords, et pourchasse l’intégriste en mini short, d’un défilé de mode à Milan aux forêts de l’Amérique consanguine, pour rétablir la paix dans le monde tel une Miss sous poppers.

On peut tout de même regretter le manque de subtilité dans la charge, même si ce n’est, apparemment, pas le but recherché par Baron Cohen. Parce que bon, bites, couilles et trous de balle épilés, ça va un moment, mais sur 1h30, ça devient lourd, n’apporte plus grand-chose et nous donne la fâcheuse impression de régresser au stade anal à la vitesse d’une éjac’ faciale. À la fin, on ne sait plus quoi penser, ni comment on s’appelle, ni où on habite, ni avec qui on va coucher ce soir (une maîtresse dominatrice ? Un redneck échangiste ? Paula Abdul ?), mais on est sûr d’avoir du pipi et du caca plein les mains.

Alors oui, plusieurs scènes, dans leur outrance et leur mauvais goût, sont hallucinantes : présentation d’une émission trash à quelques spectateurs éberlués, insolence raciale lors d’un talk-show afro-américain, parents prêts à tout pour stariser leur progéniture, fornication homosexuelle devant un public de bouseux arriérés (scène terrifiante de haine aveugle), fellation et autres joyeusetés mimées avec brio et à faire mourir d’envie les cinq connasses de Queer. Mais elles tiennent plus du spectacle vain, du happening instantané que d’une réflexion pertinente et approfondie (en gros, on fonce dans le tas) qui n’empêcherait pas humour et ironie, même si certaines situations valent effectivement tous les mots et exposés de la Terre. En conclusion, ce qu’il y a d’essentiel à retenir dans tout ce groß durcheinander, c’est que si t’es pédé, que tu n’aimes pas la bière et conchies le catch, alors n’hésites plus, va passer tes prochaines vacances en Arkansas où les whites trash du coin te feront visiter la région à la Matthew Shepard’s way (brûlures de cigarettes en option), très prisée aussi dans le Wyoming.

Brüno
Tag(s) : #Films

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