Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ceux qui restent

Gentille minauderie un peu molle, un peu consensuelle, beaucoup déjà vue, typique du cinéma français, pas celui d’auteur, pas celui du populaire, mais celui d’entre les deux, sociétal et lisse, prompt à intéresser autant de cinéphiles indulgents que de néophytes à la larme facile. Moins ardu que Mon frère de Chéreau, Ceux qui restent a pour lui le mérite d’offrir une représentation sèche des hôpitaux, celle des à-côtés (parkings, cafétérias, halls, couloirs) et des lieux de transit où la maladie n’a pas de prise, indésirable en tous points.

L’autre sujet du film, au-delà de l’accompagnement d’un malade, est la rencontre improbable d’un homme et d’une femme perdus sans savoir quoi faire, endurant, comme leur conjoint respectif (la maladie en moins), la compassion insistante des proches, la tristesse, la lassitude, le désarroi et les remises en question d'une vie qui soudain se dérègle... À travers ce quotidien usant, douloureux, Bertrand et Lorraine vont s’approcher, se rapprocher, s’entre-aider et commencer à s’aimer le temps d’une parenthèse dérisoire jusqu’à une fin inéluctable (décès, sortie d’hôpital) où la vie reprendra son cours, altéré mais habituel.

Le sujet est bien traité, sobre, sans pathos et même parfois avec humour, certaines scènes sont très réussies, mais l’impression générale reste celle d’un ennui poli, d’un «veut bien faire» sans aspérité. La mise en scène est inexistante (un peu normal dans ce genre de film qui s’attache davantage au scénario et aux acteurs), les dialogues sont parfois trop écrits ou tombent à plat, et plusieurs trames du scénario sont sans importance (le week-end en famille, l’adolescente rebelle, par ailleurs assez clichée). Quant à Devos et Lindon, leur jeu sans nuance, quoique assez bon, finit par agacer, elle trop dans la gouaille horripilante, lui dans l’œil bas et la bonne pâte accablée. De fait, il ne reste pas grand-chose du film, quelques rares éclats d’émotions englués dans une collusion anodine et pataude.
 

Anne Le Ny sur SEUIL CRITIQUE(S) : Les invités de mon père.

Ceux qui restent
Tag(s) : #Films

Partager cet article

Repost 0