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Dans Paris

Christophe Honoré avait su marquer des points (et les esprits) avec ses deux premières œuvres, 17 fois Cécile Cassard et Ma mère. Dans Paris, hélas, ramène la moyenne à un niveau médiocre. Le premier quart d’heure du film est désastreux (une prétendue rupture filmée en "décalé"). Tout y est figé, artificiel et laid : dialogues pompeux, mauvais jeu d’acteurs, réalisation et montage se voulant innovants, mais simplement affectés. La suite, d’une meilleure tenue, se révèle pourtant du même acabit. Le film dans son entier semble avoir été fait dans l'unique but de mettre en scène tout ce qu’il y a de plus méprisable dans le cinéma hexagonal dit "intello-parigo-bobo-chiant".

La lumière est moche, les décors pouilleux, l’ambiance plombante, tout transpire l’indigence française si souvent critiquée, le film de chambre rasoir et suffisant, l’hommage navrant à la Nouvelle Vague. La caméra se veut libre et sans attache, mais empile plus généralement les artifices tape-à-l’œil et prétentieux (Duris qui chante Kim Wilde : la scène fait trop voulue pour être vraiment sincère). Il y a finalement plus de liberté dans un film de Greenaway, pourtant grand ordonnateur de mises en scène alambiquées, que dans le film d’Honoré. Étrangement, quelque chose du film reste après le noir, quelque chose d'un non-dit, une émotion indéfinissable... L'amour de deux frères, un père aimant et largué, une nostalgie indestructible, le souvenir obstiné d'une sœur qui n'est plus là... Malgré la boursouflure constante, Honoré a su capter quelques instants d'une vie insouciante, et ceux aussi d'une renaissance après la détresse et l'échec.


Christophe Honoré sur SEUIL CRITIQUE(S) : Métamorphoses.

Dans Paris
Tag(s) : #Films

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