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Die hard - Belle journée pour mourir

Alors John, toujours autant la poisse ? Après des voleurs de haut vol, des terroristes surarmés, un frère revanchard et des hackers belliqueux, après sa femme et sa fille prises en otage et/ou menacées de mort, c’est au tour de truands et d’hommes d’État véreux que McClane va devoir neutraliser, tout en prêtant main forte à fiston, super espion de la CIA chargé d’exfiltrer un dissident politique russe pas vraiment net. C’est donc parti pour de nouvelles emmerdes avec le flic le plus malchanceux du monde, qui les cherche ou qui les attire, on ne saura jamais (c’est un peu comme la poule et l’œuf quoi). Au bout de dix minutes à peine, les hostilités commencent avec une longue poursuite en voitures en plein cœur de Moscou absolument époustouflante.

Ça met direct dans l’ambiance. Sauf qu’après une heure d’intrigue pas franchement originale (et puis les méchants n'ont pas l'once d'un début de semblant de charisme : qu'on nous rende donc Alan Rickman et Jeremy Irons...), celle-ci finit par devenir complètement débile (McClane à Tchernobyl ! Fuck me I’m dreaming!), ultra balisée et ne s’embarrassant plus d’aucune subtilité ni crédibilité (les McClane sont increvables, quasi immortels). Pas le temps de souffler : l’histoire est ramassée sur 1h30 pour aller à l’essentiel (pour peu qu’il y ait un "essentiel" à cerner dans ce type d’aventures décérébrées), sans chichis, sans manières et avec deux ou trois références à Piège de cristal pour contenter le fan qui aura abandonner ici toute exigence sous peine d’amères ruminations.

Mais faire un film de bourrin admet-il nécessairement de bâcler son scénario et de prendre le spectateur pour une grosse buse ? Non, et les trois premiers Die hard sont là pour le rappeler avec tristesse (et aussi le quatrième épisode qui, rétrospectivement et alors qu’il avait beaucoup déçu à sa sortie, se réévalue à la bonne). Passons également sur la relation père/fils traitée avec la légèreté d’une plaque de béton coulée dans l’acier ; dommage parce que l’antagonisme familial entre McClane et sa progéniture promettait pas mal d’humour, de dérision et/ou d’émotions un peu plus subtiles que ça ("Je t’aime, fiston - Moi aussi").

Il y a d’ailleurs une énergie certaine entre Bruce Willis et Jai Courtney (échappé des arènes sanglantes et des étreintes moites de la série Spartacus), et la passation de pouvoirs s’opère les doigts dans le nez, annonçant une probable pérennité de la saga (mais pour quel résultat ? Pour des navets de ce niveau-là ?) avec le fils McClane en simili 007 dès que papa sera HS (ce qui ne devrait pas tarder). Le problème en fait, c’est que les producteurs de la franchise, traînée dans la boue avec ce nouvel opus, prennent désormais des tâcherons de dernière zone comme soi-disant réalisateurs (et comme scénaristes aussi), alors que Tom Cruise par exemple, sur Mission : Impossible, ne se gêne pas pour viser le haut du panier (De Palma, Woo, Abrams et Bird : la classe sinon rien). Un minimum d'ambition n'a jamais fait de mal au tiroir-caisse.

Faudrait voir à ne pas oublier qu’il y a un public, cinéphile et pointilleux (chiant ?), qui aime autant prendre son pied devant ce genre de conneries qu’admirer solennellement un Welles ou un Tarkovski. Pourquoi ne pas faire appel à des pointures capables de rivaliser avec John McTiernan (Renny Harlin s’en était dignement acquitté dans 58 minutes pour vivre) et assez doués pour imposer un style qui a de la gueule plutôt que de livrer une mise en scène impersonnelle singeant à moitié Michael Bay et Paul Greengrass, certes efficace (le final enflamme tout), mais impersonnelle quand même ? Parce que bon, Len Wiseman et John Moore ? Sérieusement ?


John McClane sur SEUIL CRITIQUE(S) : Piège de cristal.

Die hard - Belle journée pour mourir
Tag(s) : #Films

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