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Evil dead

Première chose : oser faire un remake d’Evil dead, parangon du film d’horreur à travers des décennies de cinéphilie mondiale, a tout d’une hérésie notoire, et celui-ci était attendu au tournant par des fans plutôt hostiles à l’affaire. Mais après les pillages de classiques tels que Massacre à la tronçonneuse, La colline a des yeux ou, plus récemment, Maniac, on est franchement plus à ça près, et puis il faudra bien s’y faire un jour, les studios ne sachant plus inventer ni surprendre et préférant profaner d’illustres sépultures (dernière en date : le Carrie de Brian De Palma). L’idée, c’est de pomper puis de palper, pas de révolutionner.

Deuxième chose : à revoir aujourd’hui le film culte de Sam Raimi, on se dit qu’il a quand même pris un petit coup de vieux (contrairement à d’autres indémodables du jadis d’avant d’il y a longtemps, de The thing à Vendredi 13 en passant par Alien), principalement dans ses effets spéciaux qu’on aura droit de trouver assez ringards ("Mais faut les replacer dans le contexte de son époque, connard"), ou alors rigolos pour être gentil. Troisième chose enfin : ici on en prend plein la gueule, ici on déguste grave et on aime carrément ça, pour peu qu’on soit amateur du genre. Les autres risquent juste de passer un sale quart d’heure et de ne plus jamais vouloir partir en week-end touze avec des potes.

C’est bien simple, on n’avait pas vu un tel carnage depuis… depuis quand en fait ? La menace fantôme ? The tree of life ? Fede Alvarez (qui s’est fait connaître avec son très remarqué court-métrage Ataque de Pánico! diffusé sur YouTube en 2009), adoubé par Raimi et Bruce Campbell, a plus ou moins gommé l’aspect second degré et fun du Evil dead initial (il faut voir la mine ahurie des acteurs, Campbell en tête, face aux déchaînements gore des forces du Mal), jouant la carte d’une influence plus viscérale. Certains le regretteront peut-être et trouveront ce parti-pris trop marqué ou pas complètement nécessaire, altérant presque la nature même du Evil dead de Raimi.

Cutter, machette, machine à clous, couteau électrique et, bien sûr, tronçonneuse rugissante, tout est bon pour réduire en bouillie nos jeunes imprudents possédés par une puissance démoniaque qu’ils ont délivrée des Enfers, les andouilles. Si les scènes gore arrachent tout, littéralement, dommage que les "à-côtés" ne suivent pas : interprétation approximative (sauf pour Jane Levy dans le rôle de Mia), personnages insignifiants, prologue inutile, montage paresseux, trop de musique, scènes ratées (l’avant-dernier acte en particulier)… Au moins le final réserve-t-il un véritable déluge d’hémoglobine qu’on était en droit d’attendre, et là-dessus, Alvarez n’a lésiné sur rien. Plus débilo-jouissif que super flippant, ce Evil dead 2013 n’est pas vraiment la tuerie annoncée, mais reste quand même une efficace et sympathique petite boucherie entre amis.

Evil dead
Tag(s) : #Films

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