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The hitcher

L’inutilité d’un remake a souvent été démontrée et celui d’Hitcher (1986), brillant thriller ayant sa place dans le panthéon des petits films cultes et servant encore d’influence dans le cinéma d’aujourd’hui (Breakdown, Une virée en enfer, Wolf creek...), confirme malheureusement la règle. Là où le film d’Harmon jouait sur une interprétation symbolique (le tueur comme extension de la part sombre du héros), la version 2007 s’engage dans un développement sans envergure des enjeux formels et fondamentaux posés par la première version, et abuse des tics faciles du film pour ados (musique rock, effets tape-à-l’oeil, photo saturée...) qui délitent l'infime "sérieux" qu’à voulu donner Meyers à son film. La peur et la suggestion habitaient le film d’Harmon jusqu’à créer une angoisse métaphysique universelle ; ici, le suspens poussif de ce nanar déjà daté prêtent plutôt à rire et à ennuyer.

L’histoire n’est plus celle d’un jeune homme solitaire, Jim, aux prises avec un tueur énigmatique matérialisant ses démons intérieurs, c’est désormais celle d’un couple d’ados tête à claques tentant d’échapper à un psychopathe plutôt malin. La fin démontre également l’abêtissement du projet qui se réduit à un coup dans l’eau moralement douteux. Dans la version de 1986, Jim tue John Ryder (Sean Bean est bien, mais ne fait pas le poids face à Rugter Hauer) comme s’il tuait une partie de lui-même ; dans cette nouvelle version, Grace se débarrasse de John Ryder par justice personnelle et dans un grand sursaut enflammé de vertu bouseuse américaine où l’auto-défense armée se vit comme un acte de loi élémentaire et de foi patriotique.

The hitcher
Tag(s) : #Films

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