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Kaboom

Chanson, générique, air connu, tous ensemble : au pays d’Araki, comme dans (presque) tous les pays, on s’amuse, on baise, on rit, il y a des méchants et des gentils. Et pour oublier les moments difficiles, avoir des ecstas, c’est très utile, un peu d’amour, de sodomie, c’est la vie d’Araki… Stop ! On arrête, ça marche pas sur ce coup-là. Kaboom ?! Tu parles, à peine le pschiiit d’une canette de Fanta. Cette resucée poussive des foldingues The doom generation et Nowhere donne le triste sentiment d’avoir été faite par un amateur fan d’Araki qui copie-colle aveuglément les tics et trucs de son idole vieillissante (avec un peu de Kelly et de Lynch pour faire tendance).

Alors oui, tout le monde est beau et jeune et super fashion, oui c’est délicieusement cheap & kitsch, oui aimons-nous vivants et couchons avec qui on veut, oui c’est plein de couleurs pop et de musiques branchées, oui ça part en vrille et en plein dans la marge, mais bon sang de bon soir, qu’est-ce que c’est C-H-I-A-N-T, mais-qu’est-ce-que-c’est-C-H-I-A-N-T, et qu’est-ce que c’est long aussi (le film dure 1h30 dans la réalité augmentée, mais en fait le double dans celle-ci). Ça manque totalement d’énergie et de rythme, inexistant ou très mal composé. Le rythme, Gregg, le rythme, t’as pas oublié quand même ? Tu vois l’histoire, tu saisis le concept ? T’as pas étudié ça dans ton université de cinéma ? Non, toi évidemment, tu préférais mater le cul de tes professeurs.

On esquisse quelques sourires à quelques moments, mais sans se souvenir desquels à la fin tellement on s’est ennuyé et tellement c’est ça qu’on retient du film (l’ennui avec un grand E) quand on sort de la salle, plus très sûr non plus de sa sexualité et en quête d’un bar beauf à La Courneuve ou d’une backroom dans le Marais pour aller, enfin, s’en prendre plein la gueule. C’est plaisant, mais de façon complètement monotone et dans un enchaînement de plans bâclés avec des effets à la PowerPoint (aussi laids que ringards) pour faire "cool" soi-disant. Ça devrait décoller, exploser, pétiller, tournebouler (le scénario va dans ce sens), c’est juste un concentré d’inertie(s) avec ce qu’il faut "d’impertinence" pour faire s’étrangler l’Américain de base (ici en Europe, pas de quoi s’affoler, on en a vu d’autres question tabous).

Le soi-disant mal-être du jeune au 21e siècle version Araki, ça donne ça : ta mère se tape son prof de gym et n’a pas le temps de te parler au téléphone, la fin du monde te turlupine, tu fais des rêves chelous, tu fantasmes sur ton coloc, ton papa te manque (apparemment), ton futur est incertain, tu déprimes parce que tu viens d’avoir 19 ans et que c’est carrément trop nul… C’est limite aussi subtil et intéressant que Oui-Oui à la fac ou Oui-Oui fait son premier cunnilingus. Conseil : relire plutôt Les lois de l’attraction ou revoir l’intégrale de Larry Clark, visions vraiment déjantées et subversives de la jeunesse étudiante américaine. Kaboom, c’est simplement mou du genou et mou de la bite. Un peu de Viagra, Gregg ?


Gregg Araki sur SEUIL CRITIQUE(S) : Mysterious skin, White bird, Now apocalypse.

Kaboom
Tag(s) : #Films

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