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La main sur le berceau

Les inavouables 5/7 - Fabrice


Au début des années 90, un genre a eu le vent en poupe : le thriller, et plus exactement celui où une personne mal intentionnée s’immisce dans la vie de gens tout à fait recommandables pour leur pourrir la vie. Je dois avouer que c’est avec ce genre de film que j’ai eu mes premiers plaisirs de cinéma : je découvrais alors le suspense et j’adorais ça (même si, à l’époque, je me contentais de les voir et revoir sur VHS enregistrées sur Canal+… Tchi Tcha !). Ainsi, Fenêtre sur Pacifique, Obsession fataleBasic instinct, J.F. partagerait appartement, Calme blanc, Liaison fatale, La disparue et autres Malice étaient à l’époque considérés pour moi comme ce qu’il y avait de mieux, et j’avoue que si j’ai, depuis, ouvert un champ plus large à ma cinéphilie, je suis toujours aussi fan de ce genre qui a plus ou moins refait surface récemment avec des films comme le très réussi Esther.

Mais celui que je préfère par dessus tout, celui que j’ai bien dû voir une trentaine de fois, c'est La main sur le berceau de Curtis Hanson. D’ailleurs, vu la thématique ordonnée par mymp qui m’a fait l’honneur de me convier à ce cycle, j’avoue que j’ai dû mal à considérer ce film comme un navet, même si ce n’est pas forcément celui que je vais mettre davantage en avant dans une discussion de cinéphiles (au risque d’être peu crédible). Mais comme il fallait en choisir un et qu’il est aujourd'hui condamné à être programmé en deuxième partie de soirée sur RTL9, je me suis dit que ça tenait la route.

Succès public primé en 1992 au regretté festival de Cognac, La main sur le berceau, s’il ne brille pas par une mise en scène grandiose (ça ressemble pas mal à un téléfilm), fonctionne parfaitement grâce à son scénario faisant monter la tension jusqu'au final où Rebecca De Mornay (Peyton) pète grave une durite avec son chouchou dans les cheveux, son gentil chemisier blanc et son gilet rouge tout propre. Et c’est là où vous allez vraiment vous inquiéter pour moi, car je me suis tapé je ne sais combien de fois la fin du film où, avec sa pelle, Peyton fracasse la tête du père et gueule contre la mère "C’est ma famiiiiiille !".

Car si j’ai choisi ce film, c’est aussi parce que c’est l’un des seuls dont je peux (presque) retranscrire mot à mot certains dialogues (si vous n’avez pas peur de lire les propos d’un maniaque, vous pouvez lire la suite). Exemple : Claire, qui a compris le petit manège de Peyton, arrive dans le salon et lui colle une grosse patate.

Michael (le père) - Claire, mais tu es folle !

Claire - C’est la veuve du docteur Mott, Michael !

Michael (il regarde Peyton, ne pouvant croire ce qu'il vient d'entendre) - La quoi ? 

Claire (à Peyton) - Sortez de notre maison !

Peyton - Il faut que tu lui dises Michael, dis-lui pour nous deux…

Michael (abasourdi) - Mais il n’y a rien à dire !

Peyton : Michael, mais tu m’avais dit qu’il n’y aurait jamais qu’une seule femme dans ta vie.

Michael : Je parlais de Claire, ma femme !

Peyton (qui remet son gilet) : Je vois, bien… Je vais chercher mon bébé et on part tout de suite… Je… Je voulais dire… Je vais chercher ma valise.

Là, vous devez commencer à vous dire que j’ai un gros problème, mais ce n’est pas grave, et puis il y en a un que ça ne dérange pas trop (enfin je me comprends). Revenons plutôt au film, et principalement à son casting. Dans le rôle de Peyton, il y a Rebecca de Mornay, disparue depuis de la circulation ; elle trouve ici son rôle le plus emblématique et sans doute le plus marquant (qui est capable de citer un autre film dans lequel elle a joué ?). Les parents, eux, sont tombés un peu plus dans l’oubli, je cite leurs noms en hommage malgré tout, il s’agit de Matt McCoy (sa filmographie sur AlloCiné fait grand-peine) et d’Anabella Sciorra.

La surprise vient, en revanche, d’un second rôle, celui d’une vieille copine du couple qui se méfie très vite des yeux doux de la nounou et qui va plutôt mal finir : c’est Julianne Moore, alors complètement inconnue à l’époque et qu’il est inutile de présenter aujourd’hui tant elle mène sa carrière comme une déesse. Derrière la caméra, c’est Curtis Hanson qui, depuis, nous a pondu L.A. confidential et 8 mile, films qui ne m’ont pas trop marqué mais qui ont pas mal fait parler d’eux (mais c’est quand même peu). Voilà, j’aime La main sur le berceau, anodin à l’échelle du septième art, mais si important pour moi et que je considère un peu comme l’un de ceux qui m’ont ouvert les yeux sur cette passion que nous partageons tous.

La main sur le berceau
Tag(s) : #Cycles

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