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Quatre mariages et un enterrement

Comment ne pas encenser un film qui démarre par une dizaine de "Fuck!" scandée sur un réveil en fanfare ? Quatre mariages et un enterrement, comédie romantique malicieuse et parfaite, s’amuse dès son ouverture à subvertir LE happy end par excellence (le mariage) en le désacralisant puis en le recommençant encore et encore, débarrassé ainsi de son aura magique pour le transformer en rengaine impérieuse, voire inutile ; on peut continuer à s’aimer sans forcément s’unir et l’importance des épousailles n’est pas à considérer comme une fin en soi par rapport à l’amour partagé.

Dans ce tourbillon de crinoline et de pièces montées, de frous-frous et de chapeaux extravagants, un groupe d’amis joue les trublions avec désinvolture et humour, observateurs amusés d’un protocole immuable et inévitable pour chaque tourtereau et tourterelle qui se respectent. Le spectateur se promène avec lui dans la foule des invités, réjoui par les personnages attachants et loufoques, attentif aux traits d’esprit et aux dialogues piquants, emballé par tant d’allant et d’irrévérence. Au fil de noces et de repas interminables, Charles, célibataire invétéré, va découvrir que l’amour appelle parfois à quelques sacrifices. Le film, joyeux et impertinent, démonte la mécanique du mariage avec ses catastrophes incontournables, ses troubleurs de fête, ses "metteurs" d’ambiance, ses gaffes en cascade et ses fins de cérémonies bien arrosées.

En contrepoint à ce tempérament culottée, Richard Curtis et Mike Newell introduisent un mouvement plus mélancolique, l’enterrement de Gareth, offrant au récit toute sa force narrative et son intensité émotionnelle. Du petit matin sur un rythme d’enfer au baiser ultime sous la pluie (et même jusqu’aux photos d’avant le générique de fin, dont celle de Fiona au bras du Prince Charles), tout est léger, enjoué, désopilant et cocasse. Cette ritournelle sensible, bien chaloupée entre ironie et gravité, parle d’amour avec une apparente décontraction. S’il y avait une comédie intelligente et drôle (et qui met vraiment de bonne humeur) à emporter sur une île déserte, ce serait celle-ci, à égalité avec l’impayable The party.
 

Mike Newell sur SEUIL CRITIQUE(S) : Prince of Persia : Les sables du temps.

Quatre mariages et un enterrement
Tag(s) : #Films

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