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Sleeper cell

Les religions, les races, les croyances, les cultes… À partir de cet instant où l’humanité a été capable de comprendre le concept de "clan", de catégoriser et de compartimenter l’individu selon son appartenance ou ses convictions, tout n’a été qu’incessantes, frénétiques guerres de pouvoir et de religion. Notre monde contemporain n’échappe sûrement pas, lui aussi, à cette barbarie prônant une foi aveugle disséminée aux quatre coins du monde (Bali, Londres, Madrid, New York…) ; et depuis le 11 septembre, depuis son cortège d’amalgames et de paranoïas en tous genres, le terrorisme islamique est apparu comme ce nouveau (et absolu) mal de nos sociétés.

La série 24 a été la première, dès 2001, a intégré la nouvelle donne internationale (et américaine) par rapport à la menace terroriste. Cinq ans plus tard et un essoufflement thématique évident (même la saison 7, soi-disant celle du renouveau, retombe dans les vieux travers de la série), Sleeper cell redessina à son tour une géographie et un système de la violence extrémiste. Si la série de Showtime a, elle aussi, un "paria" pour figure centrale, anti-héros marginalisé au sein même du gouvernement (rétif nihiliste et ultra-violent pour Bauer, agent double et musulman pour Darwyn al-Sayeed) et cherchant à déjouer un énième attentat terroriste à Los Angeles, elle nuance en revanche le propos et la forme pour une meilleure appréhension des rouages d’une haine plus que radicale.

Loin des cliffhangers incessants (mais excitants) de 24, Sleeper cell joue davantage sur les questionnements extérieurs (jusqu’où aller pour réussir sa mission ?) et intérieurs (sa propre religion remise en question) d’un homme face aux multiples visages de l’horreur. Si le côté "United colors of terrorism" a quelque chose d’un peu trop démonstratif (la cellule terroriste infiltrée est composée d’un Américain, d’un Arabe, d’un Bosniaque et d’un Français, Darwyn étant lui-même un Afro-Américain), l’intrigue reste relativement sobre et crédible (pas d’explosions ni de scènes d’action inutiles), décryptant le lent processus d’un mode opératoire meurtrier (recrutement, financement, organisation…) et délivrant, sur la fin, son lot de suspens obligatoire.

Sleeper cell parvient à tempérer les préjugés tout en exposant les différentes facettes de la religion islamique (du modéré à l’intégriste) ; son aspect didactique, pas complètement exploité dans la rigueur (plusieurs concessions scénaristiques sont faites), en font une série aux deux tiers réussie, malgré tout frondeuse et captivante.

Sleeper cell
Tag(s) : #Séries

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