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Rappel des faits : pour ce nouveau cycle, j’ai fait appel à la vieille crème des ex-blogueurs d’Allociné (30 ans et plus, avec pas mal de poussière...) pour évoquer, sans honte, quelques nanars et navets complètement oubliables qui, bizarrement, ont encore toute notre considération. Défileront à la barre Palilia, Chris, Pierre, Christophe, Fabrice, moi-même et Fred, pour évoquer avec des mots simples, et parfois quelques larmes, le pourquoi du comment d’une telle vénération pour des œuvres légitimement conchiées.

Tarzan

Les inavouables 5/7 - Palilia


Me voici de nouveau entraînée dans un cycle infernal, telle une vague dans un syphon actionné par mymp… Je n'ai pas spécialement de film dont je puisse avoir honte, mais j'ai une série que je prends un plaisir extrême à regarder fréquemment et qui m'a valu (et me vaut encore) beaucoup de gausseries. Non, je ne vais pas vous parler de l'artiste-objet de mon blog car, contrairement à ce que vous pensez tous, je ne suis pas amoureuse de cet homme et je ne l'ai jamais été. Par contre, je l'avoue enfin publiquement, il en est un dont je fus follement amoureuse dans ma très lointaine jeunesse, je veux parler de Tarzan, et pas n'importe lequel : celui incarné par Ron Ely.

Il m'est difficile de l'avouer ainsi car je l'ai en ami sur Facebook et j'espère que personne ne tombera sur cet article qui pourrait complètement me discréditer. Je possède, en doubles exemplaires, les 57 épisodes de ce feuilleton que je regarde pieusement, sans supporter que l'on vienne me déranger. Comment ne pas être émerveillé(e) par cet homme à demi nu d'1m96, aux yeux bleus, aux fossettes creusant les joues, aux dents blanches, au sourire diaboliquement sexy, à la voix grave et charmeuse, courant pieds nus avec, juste autour de la taille, une sorte de jupette marron foncé dont je me suis longtemps demandé s'il y avait quelque chose là-dessous ? Jusqu'au jour où, dans un épisode où un banc de piranhas se rapprochait dangereusement de la plage alors qu'il était attaché sur le dos, un bras dans l'eau ficelée à un poteau, la peau moite, brillant sous un soleil de feu, un vent léger a soudain soulevé la jupette et… il avait un bon vieux maillot de bain marron à l'ancienne en dessous !

N’empêche, ce type est magnifiquement bien fait, moins empoté que Weissmuler pour la conversation, juste assez bronzé, juste assez poilu… Me voilà retrouvant soudain mes 14 ans… Et que dire des lianes qu'il attrape en haut des arbres, de ces chevauchées sur un zèbre ou des éléphants, de ce combat torride avec un tigre dont il sortit vainqueur, de ce crocodile qu’il alla crever au fond de la rivière avec un couteau entre les dents, de ces trois bonnes sœurs tombées dans l'eau avec leurs soutanes, leurs voiles et leurs cornettes et qu'il repêcha une à une après qu'elles se soient blotties dans le bras qu'il n'utilisait pas pour nager (et dire qu'elles n'en ont même pas profité…). Et cet homme qui hurle pour appeler tous les animaux, qui fut élevé par des singes, alla étudier puis revint dans la jungle pour affronter les chasseurs d'ivoire et les voleurs de pierres précieuses, n'a pas, à ma grande joie, de femme (ça m'a évité d'être jalouse), il n'a que Cheetah qui passe sa vie dans ses bras ou sur ses épaules, la veinarde !

Sa seule arme, c’est son couteau : il faut dire qu'il a tué pas mal de types sous couvert de se défendre, et quand il désarme quelqu'un, systématiquement, il prend le fusil et le jette un peu plus loin (un con qui passerait, il le prendrait et hop, il s'en servirait !). Là, je l'aurais plutôt vu le casser en deux et enlever les cartouches, mais c'est vraiment un geste significatif dans chaque épisode. Les producteurs lui ont donné un côté humain, par exemple dans un épisode on le voit même peindre et passer le balai. Il a la garde du petit Jai, orphelin qu'il doit malgré tout envoyer un jour à l'école (c'est d’ailleurs la seule fois où on le voit pleurer et j'adore cet épisode). La dernière fois que je versais à mon tour ma larmichette, l’autre jour dans mon salon, la porte s'ouvrit soudain, laissant entrer mon mari : "Tu regardes encore ces conneries ?". Tu parles, il ne comprend pas l'anglais de toute façon, alors je lui ai dit que c'était pour améliorer my english.

Et la cahute de Tarzan en haut d'un arbre, j’en ai tellement rêvé ! On y accède en grimpant ou par un ascenseur actionné grâce à une corde tirée par un éléphanteau. Elle est sommaire, cette cahute, mais quand on le voit dormir sous sa couverture rugueuse après qu'il ait plongé dans la rivière pour se laver (car cet homme se lave : il ne mange jamais, mais il se lave avec un morceau de savon tout neuf à chaque fois), on a tout simplement envie de dormir aussi (et avec lui si possible).

N'empêche, Ron Ely court pieds nus sans se salir les pieds, remonte les falaises mouillées à mains nues, il a lui-même fait toutes ses cascades, y compris le grand plongeon du générique. Il s’est même blessé, il s'est fait croquer et griffer par des tigres et des lions, s'est cassé les poignets et les chevilles… Quel homme aujourd’hui ferait ça pour un film ? Et sans effets spéciaux en plus (Spiderman n'a qu'à bien se tenir). Ahhh, j'aurais bien aimé être Cheetah (vous pouvez vous foutre de moi, je n’ai même pas honte). À la fin de chaque épisode, on voit Ron arriver de son pas lent, saluer le chef d'une tribu quelconque, prendre Jai d'une main et tendre l'autre à la guenon en lui disant : "Come on, Cheetah!", et elle y va et il la prend dans ses bras (soupir).

Tarzan
Tag(s) : #Cycles

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