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Wall-E

Ô mon robot 7/7 - 2008 [Critique rédigée par Vincent Formica]


La valse des robots


Wall-E… Le nom paraît familier, sympathique et drôle. C’est l’effet immédiat que procure ce film d’animation des studios Pixar sorti en 2008. Le pari était audacieux : faire un long-métrage de science-fiction basé uniquement sur des robots qui ne parlent pas, mais s’expriment par toutes sortes d’onomatopées. En ce sens, le début du film est d’une audace remarquable ; une trentaine de minutes en compagnie d’un petit robot nommé Wall-E chargé de nettoyer la Terre de ses déchets, le tout sans une seule ligne de dialogue. Par les images seules, le réalisateur Andrew Stanton parvient à nous captiver en nous plongeant au milieu de cette Terre inhospitalière que les humains ont abandonnée pour se réfugier dans des vaisseaux spatiaux en attendant que la planète bleue soit de nouveau habitable.

La caméra suit les mouvements de ce petit robot qu’on aimerait tous avoir chez soi, à l’instar d’un gentil Gizmo échappé des Gremlins. Le travail sur les textures et l’animation est tout simplement prodigieux. Lauréat de l’Oscar du meilleur film d’animation, Wall-E mérite amplement cette récompense. Les thèmes abordés, de la surconsommation à l’écologie en passant par les effets néfastes d’une mauvaise utilisation de la technologie, sont toujours d’une brûlante actualité. Ainsi, les hommes sont devenus obèses et totalement inactifs ; déshumanisés, ils ne bougent quasiment plus et sont servis par une pléthore de robots. Bien que se déroulant dans un monde post-apocalyptique, Wall-E n’en reste pas moins chargé d’espoir, un espoir représenté par cette petite plante verte trouvée par Wall-E qui va changer le cours de l’Histoire et sera au cœur de toutes les attentions.

La relation dénuée de dialogues entre Wall-E et Eve, sa petite amie robot, devient universelle ; les gestes prennent une importance capitale, parlent à n’importe qui (les petits comme les grands), esquissant une histoire d’amour attachante entre ce petit robot maladroit à l’aspect rouillé et cet autre robot immaculé et lisse. S’apparentant parfois à un film muet, Wall-E éveille les sens, touche l’âme et vient chatouiller l’esprit. De fait, le travail sur le son est admirable. C’est le célèbre Ben Burtt, chargé des effets sonores notamment sur Indiana Jones et Star wars, qui s’est occupé de ceux de Wall-E : une tâche titanesque pour un rendu magistral.

La solitude est également au centre du film, celle d’un pauvre petit robot "éboueur" délaissé sur une planète totalement déserte et auquel on s’identifie très facilement. Cet attachement se produit au fur et à mesure qu’il parcourt son "territoire", compactant avec entrain des tonnes d’ordures, collectant quelques objets rares ou écoutant sa chanson préférée tirée du film musical Hello Dolly. Pour conclure, il convient de mettre en avant le fait que les robots reconstituent les émotions que les hommes ont oubliées ; le robot devient un être réceptif, capable d’aimer et d’avoir des sentiments. In fine, Wall-E va aider les hommes, perdus dans leur grand vaisseau, à redevenir simplement humains, leur réapprendre à s’ébahir de nouveau devant les prodiges de la nature et à redevenir des êtres sensibles ; c’est là la vraie force du film d’Andrew Stanton.

Wall-E
Tag(s) : #Cycles, #Animation

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