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Monstres academy

Ils sont de retour, mais quand c’était avant, quand ils étaient jeunes. Avant quand ils étaient étudiants à la Monster University en Master Terreur, avant quand James Sullivan se la pétait un peu trop, avant quand Bob Razowski avait un appareil dentaire, était copain avec Léon Bogue (son futur ennemi juré dans le premier épisode) et ne s’entendait pas vraiment avec Sullivan, son futur partenaire et futur meilleur ami. Par la force des choses, les voici renvoyés du prestigieux Master et obligés de faire équipe avec des bras cassés pour tenter de le réintégrer lors des Jeux de la peur organisés par l’Université. Voilà pour le pitch pas très pittoresque de cette suite attendue de Monstres et Cie qui paraît compiler Harry Potter et la coupe de feu, Intervilles et parodie de films de campus.

On rit, et on rit même souvent, en regardant Monstres academy, mais sans retrouver la "magie" Pixar d’antan, sans être surpris, sans s’émerveiller comme à l’époque ; le charme est là, mais n’opère plus (ou moins). Toute l’originalité et toute la poésie du premier épisode (qui jouait habilement sur nos peurs de gamin, nos peurs du noir et de possibles créatures terrifiantes tapies sous le lit ou dans le placard) ont été évacuées au (non) profit d’une intrigue classique et routinière qui traîne à se mettre en place. Du coup, les quelques bonnes idées du scénario (opposition entre Bob, sérieux et studieux, et James, sûr de lui et tire-au-flanc, la dernière épreuve du concours, les flics qu’il faut parvenir à effrayer…) se retrouvent torpillées, noyées dans une douce conformité avec, en fin de parcours, la même soupe moralisante servie à froid (se dépasser, croire en soi, bien faire son travail pour réussir…).

La technique, irréprochable évidemment, est bien au rendez-vous, mais c’est le moins que l’on puisse attendre et espérer de Pixar, pionnier et leader en matière d’animation numérique. Mais une technique au service de quoi, désormais ? Des pontes marketing de Disney ? De suites à la chaîne (Cars 2, Toys story 2 et Toys story 3, et en attendant Le monde de Dory avec une certaine perplexité, voire une certaine appréhension) ou de scénario original raté (Rebelle) qui trahissent un manque évident d’inspiration ? Monstres academy vient, certes, redorer le blason de Pixar qui commençait sérieusement à se ternir, mais la victoire à un goût amer et laisse, un peu tristes, nos yeux d’éternels grands enfants.


Pixar sur SEUIL CRITIQUE(S) : Ratatouille, Wall-E, Là-haut, Toy story 3, Rebelle.

Monstres academy
Tag(s) : #Animation

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