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Substitution

Il y a une maison isolée dans la forêt, et plus tard on découvrira qu’elle est entourée d’un étrange et grand cercle blanc tracé à la peinture. Il y a une mère, Laura, qui fait face comme elle peut à la mort récente de sa fille, aveugle, qui s’est noyée dans la piscine de la maison. Il y a un garçon, Ollie, mutique et inquiétant, des cassettes vidéo au contenu terrifiant, et puis un frère et une sœur, Andy et Piper, dont le père vient de mourir et qui sont recueillis par cette mère, anormalement bienveillante pour ne pas, un minimum, s’interroger sur son comportement. Voilà donc pour les lieux, les personnages et leur background, pièces et motifs d’un récit qui, d’emblée, exsude le malaise et la mort (la mort du père, filmée sans détour), quelque part entre Hansel et Gretel et Le cercle, Ne vous retournez pas et Hérédité.

Substitution est-il une histoire de rites démoniaques ? De possession maléfique ? De fantômes et d’entité à invoquer ? De malédiction à empêcher ? De chagrin conjuré dans la déraison ? Tout cela à la fois ? Danny et Michael Philippou livrent, trop rapidement sans doute (et même dès l’ouverture du film), plusieurs éléments permettant de comprendre le fond de l’affaire. Substitution aurait clairement gagné à laisser le spectateur dans le doute, à l’instar d’Andy et de Piper, en décidant de ne jamais dévier de leur seul point de vue. De les garder dans les ténèbres. De les maintenir dans l’angoisse d’une menace inexplicable, mais bien réelle, qui rôde autour d’eux et sur cette espèce de famille (mal) recomposée soumise à la violence de la perte, celle de l’être tant aimé (pour Laura et Piper) ou que l’on craignait (pour Andy).

Très vite donc, les deux réalisateurs éventent le mystère autour de Laura et Ollie, se retrouvant, de fait, avec un récit partiellement balisé dans ses péripéties et ses enchaînements malgré quelques écarts inattendus, et d’autres assez éprouvants. Éprouvant parce que Substitution, quand il veut, sait soudain surprendre, se risquant alors à une certaine radicalité, qu’elle soit d’ordre narratif (la mort d’Andy) ou visuel (il y a deux ou trois scènes vraiment hardcore, dont celle avec le couteau, irregardable, et d’autres d’une poésie macabre presque bouleversante comme cette mère observant avec une immense tristesse le cadavre putréfié et congelé de sa fille, puis l’étreignant plus tard dans l’eau de la piscine). On n’est pas passé loin d’un beau film mortifère réussi sachant jouer, sans esbroufe, avec les codes de l’horreur sous ses différentes formes (du psychologique, du minimal, du body horror un peu) pour sonder les abîmes de la folie face à un deuil impossible.

Substitution
Tag(s) : #Films

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