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Last stop: Yuma County

Il faudrait, évidemment, arriver à regarder Last stop: Yuma County sans rien y connaître au cinéma. Sans avoir trop de références en tête. Sans savoir, surtout, qui sont Quentin Tarantino, les frères Coen ou Sam Peckinpah. Mission impossible donc. Il le faudrait, évidemment, parce que le premier long-métrage de Francis Galluppi a tout de l’exercice de style ultra référencé, certes sympathique, bien foutu et devant lequel il sera difficile de bouder son plaisir, mais sans réelle personnalité tant les comparaisons sont écrasantes. Et tant Galluppi, jamais, ne parvient à les dépasser, à les régurgiter avec une singularité propre.

L’histoire ? Presque un lieu commun. La routine. Une serveuse, un vendeur de couteaux, deux malfrats qui viennent de braquer une banque, un couple de vieux touristes, un couple de jeunes losers et une livraison d’essence qui se fait attendre (et pour cause : le camion de ravitaillement n’arrivera pas puisqu’il a eu un accident), et voilà tout ce petit monde, à cran, coincé dans un diner planté au milieu de nulle part. Ce genre de diner typique d’une Amérique du bout du monde. Une Amérique profonde que l’on connaît bien, cinégénique à mort, déjà vue dans tant de films. Cette Amérique des bleds paumés et des routes sans fin où la violence la plus primaire n’attend qu’à s’exprimer.

Last stop: Yuma County, c’est un peu comme si Bagdad café rencontrait Reservoir dogs et Blood simple. Car tout va dérailler, et tout va virer, et ce jusqu’aux dernières secondes du film, au massacre général en un enchaînement de situations qui, par leur noirceur comique (le dernier quart d’heure, vraiment très coenien), procurent leurs lots d’excitation et de jubilation. Dommage cependant qu’il faille, pour cela, attendre une bonne cinquantaine de minutes (soit les deux-tiers du film), Galluppi s’épuisant à donner corps à une tension, à une inquiétude qui jamais ne viendront. Parce que trop de personnages à gérer ? Pas assez de profondeur dans l’écriture ? Pas assez de rythme dans le montage ? Sans doute tout ça à la fois ?

Bref, on s’ennuie un poil. Et on attend. On attend que ça parte en vrille (on est un peu là pour ça, faut avouer). Le signal, c’est une scène. Une scène au ralenti et au son du Crying de Roy Orbison (et là, on pourra y voir une double référence à David Lynch puisque Orbison accompagne une séquence culte de Blue velvet, et que la magnifique reprise de Crying de Rebekah Del Rio illumine une autre séquence culte de Mulholland Drive). Une scène donc où Galluppi entrouvre les portes de l’enfer et qui va lui permettre d’orchestrer une valse sanglante et mortifère, valse arrivant comme une sorte de récompense pour le spectateur, mais qui le laissera tout de même sur sa faim tant le manque d’originalité de l’ensemble lui sautera aux yeux.

Last stop: Yuma County
Tag(s) : #Films

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