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Pris au piège

Voilà bien un genre où l’on n’attendait pas Darren Aronofsky qui, depuis ses débuts, nous a davantage habitué à des drames psychologiques puissants et des fables New Age lourdingues (et inversement, ou parfois les deux). Un genre ultra codifié, ultra copié, ultra ressassé : celui de la pochade policière, sanglante mais cool, à la frères Coen, à la Tarantino ou à la Ritchie. Un genre où Aronofsky, surprise, se révèle très à l’aise, même si Pris au piège n’a rien de vraiment singulier, rien de profondément "aronofskien". Et qui, en l’état, aurait pu être mis en scène par n’importe quel clampin ou yes man d’Hollywood s’il n’y avait pas le nom d’Aronofsky au générique pour venir nous rappeler que, si si, c’est bel et bien le réalisateur de Requiem for a dream et de Black swan derrière la caméra.

Adapté d’un roman de Charlie Huston (qui en signe lui-même l’adaptation ciné), Pris au piège met en scène le personnage de Hank Thompson à la fin des années 90, jeune barman un peu alcoolique et un peu loser sur les bords, très proche de sa maman et ancienne star du baseball au lycée avant qu’un tragique accident de voiture (détail qui aura son importance au cours de l’histoire) ne vienne briser sa carrière en devenir. Hank qui, du jour au lendemain, se retrouve embarqué dans un infernal imbroglio meurtrier. Pourquoi, comment ? Parce qu’il a rendu service à son voisin punk en gardant son chat durant son absence. Et que ledit voisin, Russ, a visiblement énervé pas mal de personnes dans le petit monde des malfrats new-yorkais en détournant un paquet d’argent.

Du coup, voilà Hank bien décidé à sauver sa peau, celle de sa petite amie et puis celle du chat aussi, Bud, limite le vrai héros du film. Mais Aronofsky l’a avoué : c’est de pouvoir reconstituer le New York de la fin des années 90 qui lui a plu, et presque avant de raconter les (més)aventures de Hank. Ce New York qu’il a bien connu (alors sous mandat Giuliani), sale et pas vraiment recommandable, mais qui alors commençait sa mue, sa lente et inévitable gentrification. Ce New York où Aronofsky lâche une galerie de personnages azimutés (pour la plupart des tueurs sans scrupules et sans pitié, avec mention spéciale pour Nikita Kukushkin en roquet branché sur secteur, et Liev Schreiber et Vincent D’Onofrio en assassins hassidiques) à la poursuite de Hank (et de leur argent) qui, lui, doit faire avec (ou plutôt contre) ce monde qui ne fait pas de cadeau.

Car la violence dans Pris au piège, et c’est là l’une de ses caractéristiques les plus notables, est constante, et parfois extrême : on passe à tabac, on torture, on tue… Et Aronofsky de ne pas chercher à l’esquiver. De la filmer durement et frontalement. Pour le reste, rien de bien nouveau en vérité sous le soleil du polar déjanté avec son lot habituel d’humour noir, de musiques tubuesques et de situations rocambolesques. Aronofsky a visiblement décidé de s’offrir une parenthèse dans sa filmographie faite, d’ordinaire, d’outrances, de mysticismes et d’allégories en pagaille, et on ne pourra pas le lui reprocher bien sûr. Parenthèse futile et stylée, certes tellement mieux que ses nanars pachydermiques, mais loin de ses œuvres les plus folles et les plus réussies, et pour lesquelles on aime son cinéma.


Darren Aronofsky sur SEUIL CRITIQUE(S) : Requiem for a dream, The fountainThe wrestlerBlack swan, Noé, Mother!, The whale.

Pris au piège
Tag(s) : #Films

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