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Dangerous animals

Sean Byrne, c’est le réalisateur qui avait signé le déjanté et terrifiant The loved ones en 2010, sorte de croisement improbable entre Carrie, Massacre à la tronçonneuse et un torture porn (le pauvre Xavier Samuel s’en prenait plein la gueule et Robin McLeavy elle, géniale, finissait par glacer les sangs). Par quel miracle Dangerous animals, son troisième film (The devil’s candy, en 2015, est passé complètement inaperçu), s’est retrouvé à la Quinzaine des cinéastes à Cannes en mai dernier et a joui d’une hype inattendue, on ne saura pas. Encore que le festival aime à sélectionner des films décalés et barjots, loin de la solennité de la compétition officielle (par exemple Trouble every day, Irréversible,  Dogs don't wear pants , Grave, ou Pillion cette année), et qui font généralement sensation en sections parallèles ou en séance spéciale.

Il y a sans doute, concernant Dangerous animals, un effet film de requins + tueur en série + héroïne badass + Jai Courtney en mode Nicolas Cage en roue libre. Cage qu’on aurait d’ailleurs parfaitement vu dans le rôle de ce psychopathe prenant son pied, sur son bateau, à filmer ses victimes en train de servir d’amuse-bouches à des requins excités par le sang, et la scène de danse de Courtney à moitié à poil rappellera même celle de Cage en slip dans Mandy. Bref. Mais c’est d’abord un affrontement que filme Byrne, et davantage que des requins se déchaînant sur des personnes sans défense. Affrontement entre un tueur et sa dernière proie, Zephyr, bien décidée à ne pas se laisser faire. Et le récit de s’amuser de ses diverses tentatives d’évasion avant qu’elle ne soit réduite en bouillie par des squales avides de barbaque.

Problème : au bout du énième essai, on commence à tourner en rond, le film ne sortant finalement jamais de cette mécanique-là (en plus de souffrir de quelques incohérences), quand bien même il s’offrira deux ou trois escapades narratives (un caméscope à aller changer, l’amant d’un soir de Zephyr parti à sa recherche). La petite jubilation du départ tourne à la débandade, d’autant que le scénario ne brille franchement pas par la profondeur de ses personnages, à la psychologie sommaire : un tueur fasciné par les requins parce qu’il s’est fait méchamment grignoter par un charmant spécimen quand il était gamin (vas-y le déclencheur traumatique à deux balles), et une jeune surfeuse en quête d’identité, débrouillarde et indépendante. On a fait plus subtil, même dans des films de genre sans prétention.

Certes, Byrne ne cherche à rien révolutionner, lorgnant plutôt du côté de la série B décomplexée prompte à satisfaire un chaland pas trop regardant et à la morale passe-partout (le vrai prédateur pour l’homme, c’est l’homme, tu parles d’un scoop). Mais avec un scénario pareil, il y avait matière à proposer une œuvre plus exigeante et peut-être plus viscérale, surtout quand on voit jusqu’à quel extrême et à quel niveau de malaise Byrne a été capable de nous emmener dans The loved ones. En termes de films de requins et de survival avec jeune héroïne livrée à elle-même face au danger sélachimorphe, on préfèrera Instinct de survie ou 47 meters down, pas des chefs-d’œuvre on est d’accord, mais nettement (et étrangement) plus efficaces que ce Dangerous animals sans… mordant, évidemment.

Dangerous animals
Tag(s) : #Films, #Cannes 2025

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