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En 2010, Seuil critique(s) a carrément fait dans la polyglottitude (polyglottage ? Polyglottement ?...) et c’est tant mieux. Entre deux Danois dont un tournant en Écosse, un Argentin à Tokyo en anglais, un film italien avec une actrice anglaise interprétant une Russe et un film allemand sur un restaurateur Grec réalisé par un Turc, que c’est beau et chouette et fédérateur un monde de cinéma plein d’accents et de couleurs… Et pour la deuxième année consécutive, après Bronson, c’est encore Nicolas Winding Refn qui a droit à tous mes honneurs et à toute ma considération avec son Valhalla rising sorti tout droit de ténèbres jamais explorées. Un truc est en train de se passer avec ce metteur en scène qui ose pas mal, quitte à passer pour un petit malin ou un branleur, au mieux.

Gaspar Noé le talonne de peu avec son Enter the void ultime et psychédélique, incroyable magma de matières folles qui offre, au spectateur prêt à tenter l’expérience, une proposition de cinéma radicale rarement vécue. La surprise a été totale avec Amore et Submarino, deux films aux complets antipodes (l’un est charnel et lumineux quand l’autre est froid et dépressif) que je n’attendais pas vraiment. Deux chocs visuels, deux chocs émotionnels aussi qui prennent à la gorge et qui piquent les yeux.

Enfin, Soul kitchen a offert cette année un grand éclat de rire boosté à la bonne zique et à la grosse patate, mille fois plus jouissif que les soi-disant farfelus Kaboom et Piranha 3D. Il ne suffit pas de se la jouer anti-conformiste ou de montrer des nichons au dixième degré pour faire style genre kikoo lol mdr, beh oui, le rire a aussi besoin d’une âme (?)… Je n'oublie pas non plus les surprenantes découvertes (Dog poundBuriedNotre jour viendraVénus noireSous toi, la ville...) ni les demi-déceptions de cette année provenant de réalisateurs confirmés ou de buzzs qui n’en ont pas étéet qui, à l’image du final de Lost, ont laissé un goût amer à ma bouche moite et alléchée : Inception bien sûr, mais aussi Shutter islandThe ghost writerThe social networkI love you Phillip MorrisMonsters
 

Crème de la crème

2010 : Bis repetita

1 / Le guerrier silencieux / Valhalla rising est une œuvre contemplative jusque dans sa sauvagerie et ses soubresauts. Rêche, dénudé, le film n’a pas réellement d’intrigue, sinon des cris et des râles pour transcender le basculement de l’Homme vers la folie, vers la limite du profane et du sacré. Complètement impressionnant. Les cinq premières minutes du film, visibles directement ici, donnent un aperçu du sublime cauchemar qu'a mis en scène Winding Refn. [Lire la critique]

2 / Enter the void est le film-somme de Noé qui, de façon absolue et presque définitive, pulvérise le langage et les codes cinématographiques. Gigantesque kaléidoscope mental, Enter the void se vit comme l’équivalent d’une expérience psychotrope ou hallucinogène. [Lire la critique]

3 / Amore, envoûté par la grâce de Tilda Swinton et l’élégance d’une mise en scène ultra-moderne, s’harmonise entièrement à la passion des sens de son héroïne qui reconquiert la somptuosité du monde. Le film est une déclaration puissante à l’amour, rare et charnelle. [Lire la critique]

4 / Submarino, ou l’autre choc venu du froid. Bourré d’émotions et de tourments, de larmes et d’oraisons, le film de Vinterberg finit par laisser à terre, totalement exsangue. Il s’en dégage un incroyable sentiment de vie et d’espoir malgré sa dureté grise et carabinée. Les deux acteurs principaux sont exceptionnels de présence et d’intensité. [Lire la critique]

5 / Soul kitchen swingue et caracole des hanches, offrant un spectacle plein d’énergie et de bonne humeur groovy. Akin signe une sorte de sitcom avec deux doigts dans la prise et cinq bières dans le nez sur le mélange des cultures, des saveurs et des sonorités. Yeah man! [Lire la critique]

2010 : Bis repetita

6 / A serious man

7 / Toy story 3

8 / Mother

9 / Happy few

10 / Bright star
 

Jambon purée

2010 : Bis repetita

1 / Oncle Boonmee plagie sans vergogne quelques sketchs fameux des Inconnus et personne ne trouve à y redire, c’est scandaleux. Caricature du trip "intello" et chiant, le truc de Weerasethakul devrait être montré dans les écoles de cinéma comme le film à ne jamais faire de sa vie. [Lire la critique]

2 / Les petits mouchoirs : le cinéma français dans ce qu’il a de pire, populo, racoleur, moche et vulgaire. Canet a de la merde dans les yeux et de la guimauve sur les doigts, livrant une vision simpliste de l’amitié et de la vie qui s’enfonce inexorablement dans la vase noirâtre de la médiocrité. [Lire la critique]

3 / Alice au pays des merveilles signe la mort artistique de Burton qui nivelle par le bas son expressivité et ses délires. L’œuvre déborde de partout, couleurs sirupeuses, mauvais goût prononcé, musique envahissante. Burton aurait-il définitivement vendu son âme aux diktats commerciaux ? [Lire la critique]

4 / Kaboom, ou plutôt le pschiiit d’une canette de Fanta. Araki a du mal avec le rythme, et sa vision supposée déjantée et subversive de la jeunesse étudiante américaine est carrément molle du genou et molle de la bite. Gregg, reprends-toi please, ou alors prends du Viagra. [Lire la critique]

5 / Sex and the city 2 sonne le glas de nos "célibattantes" d’avant devenues des rombières agaçantes et capricieuses. L’esprit de la série s’est transformé en un filon lucratif qui cherche surtout à marger auprès du cœur de cible en tablant sur un investment business marketing. Grotesque and the city. [Lire la critique]

2010 : Bis repetita
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