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Le choc des Titans

Pour ceux qui, comme moi, n’étaient à l’époque que des préadolescents turbulents en quête d’aventures et de frissons, biberonnés à Ulysse 31, aux Goonies et à Explorers, Le choc des Titans (1981) est avant tout un gros souvenir de gosse qui, jadis à chaque réveillon de Noël sur FR3, s’émerveillait des péripéties mythologiques de Persée et des trucages magiques de Ray Harryhausen. Les temps ont changé depuis ; on remake à tout va (Massacre à la tronçonneusePiranha 3D…), on reboot (Star Trek), on perpétue (Tron : L'héritage), on modernise (Robin des Bois), on tri-dimensionne (Avatar), on assassine parfois (Alice au pays des merveilles). Quid alors de cette nouvelle version (aux effets spéciaux numériques pas toujours convaincants) du film merveilleusement kitsch de Desmond Davis ?

On ne peut pas dire que la filmographie de Louis Leterrier brille pour son talent et par ses "chefs-d’œuvre" (Le transporteur 1 et 2, Danny the dog, L’incroyable Hulk, un sacré palmarès), et ce n’est malheureusement pas ce Choc des Titans empesé de la sandale et de la tunique qui va arranger les choses. C’est impersonnel au possible, calibré, formaté à la nanoseconde près, et n’importe quel tâcheron d'Hollywood aurait pu mettre en scène ce produit standard préfabriqué à la va-vite. Mais en prenant le film au vingtième degré et pour ce qu’il est simplement (un blockbuster du samedi soir qui, dans dix ans, sera déjà un classique of the nanars), il en devient, bizarrement, un passe-temps bien bourrin qui se regarde avec un relatif plaisir (coupable ?).

C’en est même, parfois, involontairement drôle dans ses effets et son interprétation, Ralph Fiennes surtout qui ressemble davantage à un contrôleur fiscal dépressif qu’à un dieu des Enfers terrifiant, et Sam Worthington aussi qui commence sérieusement à plagier Christian Bale, style je tire une tronche de trois kilomètres de long (je suis trop vénère) et je prends ma voix spéciale "laryngo-pharyngite" (je suis trop un dur). En même temps, les pauvres, ils ne sont pas vraiment aidés par des dialogues ampoulés à mort et un scénario ne sachant pas exploiter les situations mises en place.

Énorme déception en revanche concernant le Kraken, vendu comme LA cerise sur le gâteau ("Release this fucking Kraken, for God’s sake!"), LE clou du spectacle à ne pas rater et qui allait tout déchirer sa race ; pas de bol, il apparaît à peine cinq minutes lors d’un final chagrin, plus proche d’un ride en grand huit que d’un combat titanesque où Persée et la grosse bébête se mettent correctement sur la gueule. Il faut donc être très magnanime et très indulgent, ou avoir moins de 10 ans (voire 3 ans d’âge mental), pour apprécier dans ses limites ce divertissement bas du front aux relents nostalgiques qui essaie, tant bien que mal, de combiner agrément à l’ancienne, mythologie survitaminée et images de synthèse (sans âme).

Le choc des Titans
Tag(s) : #Films

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